Termes de Référence
Elaboration d’un Plan d’Action National pour la mise en œuvre de la Déclaration Ministérielle de Kampala sur la Migration, l’Environnement et le Changement Climatique (KDMECC) en République de Djibouti
I- Contexte et justification
La mobilité humaine, le changement climatique, la dégradation de l’environnement et les catastrophes interagissent de manière complexe en Afrique de l’Est. Les pays de la région sont confrontés à la fois à des aléas à évolution lente — tels que les sécheresses récurrentes — et à des catastrophes soudaines, notamment les inondations, les cyclones et les glissements de terrain. Ces aléas se combinent à des inégalités socio‑économiques profondes et à des vulnérabilités structurelles, amplifiant leurs impacts sur les moyens de subsistance, la sécurité humaine et provoquant des déplacements involontaires. La migration, lorsqu’elle s’effectue dans des conditions sûres, régulières et dignes, peut également constituer une stratégie d’adaptation face aux catastrophes et aux dégradations environnementales.
Djibouti illustre ces dynamiques régionales, où la mobilité humaine est étroitement liée aux effets du changement climatique, de la dégradation de l’environnement et des catastrophes récurrentes, créant à la fois des défis et des opportunités pour les communautés du pays. Les sécheresses répétées, la rareté et l’irrégularité des précipitations, ainsi que la perte des moyens de subsistance ruraux qui en découle, contribuent aux déplacements, notamment des zones rurales vers les centres urbains. Les communautés déplacées s’installent souvent dans des zones à haut risque et dans des conditions de vie précaires, ce qui accroît encore leur vulnérabilité face aux catastrophes.
Situé au carrefour de la Corne de l’Afrique et de la péninsule Arabique, Djibouti constitue également un pays de transit majeur pour les migrants internationaux empruntant la route migratoire de l’Est, avec environ 522 587 mouvements enregistrés en 2025. Les migrants en transit ou ayant temporairement arrêté leur voyage à Djibouti sont particulièrement exposés aux risques météorologiques, environnementaux et sanitaires, notamment les vagues de chaleur extrême, la pénurie d’eau, les crues soudaines et les flambées épidémiques. Dans un contexte où les communautés hôtes font déjà face à des ressources limitées et à un accès restreint aux services essentiels en raison du changement climatique et des pressions socio‑économiques, les flux migratoires peuvent accentuer ces contraintes et poser des défis pour la cohésion sociale. Parallèlement, les migrants, les personnes déplacées, les réfugiés et les communautés hôtes apportent des connaissances et des capacités d’adaptation précieuses qui peuvent renforcer la résilience climatique communautaire et améliorer la préparation aux catastrophes.
Le Gouvernement de la République de Djibouti a pris des mesures importantes pour relever les défis et tirer parti des opportunités liés à la mobilité humaine dans le contexte du changement climatique, environnement, catastrophes. En 2022, Djibouti s’est joint à dix autres États d’Afrique de l’Est et de la Corne de l’Afrique en signant la Déclaration ministérielle de Kampala sur la migration, l’environnement et le changement climatique (KDMECC). Cet engagement régional majeur définit douze actions prioritaires visant à répondre à la crise climatique, protéger les communautés affectées et tirer parti de la mobilité humaine comme levier potentiel de résilience et de développement.
Depuis la signature de la KDMECC, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) soutient la République de Djibouti dans la mise en œuvre de ses engagements. Les points focaux nationaux du ministère de l’Intérieur et du ministère de l’Environnement et du Développement Durable ont participé à des groupes de travail régionaux d’experts et contribué à l’élaboration du Plan d’action régional pour la mise en œuvre de la KDMECC en Afrique de l’Est et dans la Corne de l’Afrique. Au niveau national, l’OIM, en collaboration avec ces deux ministères, a également organisé plusieurs formations et dialogues afin de renforcer les capacités du Comité national directeur des changements climatiques à intégrer la mobilité humaine dans les politiques climatiques.
Plusieurs cadres politiques nationaux reconnaissent déjà le lien entre climat et mobilité. La Stratégie nationale de migration (2022) identifie explicitement les facteurs environnementaux de mobilité. Les Contributions déterminées au niveau national (CDN) actualisées en 2025 et la stratégie nationale révisée de réduction des risques de catastrophe font référence à la KDMECC et soulignent l’importance de prendre en compte la mobilité humaine dans les réponses aux chocs climatiques. Djibouti élabore également son premier Plan national d’adaptation (PNA), qui représente une opportunité essentielle pour intégrer la mobilité humaine dans les cadres de réponse au changement climatique.
Dans ce contexte, l’OIM, en étroite coordination avec le Ministère de l’Environnement et du Développement durable ainsi que le Ministère de l’Intérieur de la République de Djibouti, recrute un(e) consultant(e) pour élaborer un plan d’action national pour la mise en œuvre de la KDMECC à Djibouti, en étroite coordination avec le Ministère de l’Environnement et du Développement durable ainsi que le Ministère de l’Intérieur de la République de Djibouti. Ce plan d’action devra refléter les priorités des communautés affectées en matière de gestion de la crise climatique et de la mobilité humaine dans le pays, y compris celles des migrants, personnes déplacées internes, des communautés hôtes et des communautés rurales vulnérables affectées par les effets néfastes du changement climatique et les flux migratoires importants. Les priorités des femmes et des jeunes devront également être mises en avant. Ce cadre stratégique ambitieux fournira une base essentielle pour mobiliser des financements afin de répondre à la crise climatique et à la dynamique de la mobilité humaine, conformément aux priorités définies dans les CDN, la stratégie nationale de réduction des risques de catastrophe, et contribuera pleinement à la réalisation de la Vision 2035 du pays. L’objectif est que ce plan d’action national pour la mise en œuvre de la KDMECC facilite l’intégration de la mobilité humaine et de ses liens avec l’adaptation au changement climatique dans d’autres politiques et cadres stratégiques, tels que le PNA, le plan de développement national et les plans de développement régionaux.
II- Objectif général
L’objectif général de la consultance est d’élaborer un plan d’action national pour la mise en œuvre des engagements de la KDMECC répondant aux défis et priorités des communautés et autorités à Djibouti et de soutenir l’intégration de la mobilité humaine dans les cadres nationaux de réponse au changement climatique, protection de l’environnement et réduction des risques de catastrophes.
III- Résultats attendus
A l’issue de l’objectif général précité, les résultats attendus sont les suivants :
IV- Responsabilités du/de la consultant(e)
Les principales responsabilités du/de la consultant(e) sélectionnée incluront :
a- Élaboration de la méthodologie :
i- Participation à une réunion d’information avec l’OIM et les acteurs gouvernementaux concernés pour un briefing sur les attentes concernant l’élaboration du plan d’action national.
ii- Sur la base des résultats de cet échange, la rédaction conjointe avec l’OIM de la méthodologie affinée pour élaborer le plan d’action national, comprenant un calendrier clair et réaliste des activités et échéances, organisée autour de quatre étapes – 1) revue documentaire, 2) sessions de travail thématiques, 3) consultations communautaires et 4) élaboration et validation du plan d’action national. Une approche sensible au genre devra être appliquée à chaque étape de l’élaboration du plan d’action national, et la méthodologie devra clairement démontrer comment les considérations liées au genre sont intégrées dans l’examen documentaire, les sessions de travail thématiques, les consultations communautaires et les étapes d’élaboration et de validation du plan d’action national.
2- Effectuez une revue de la littérature
Le développement du Plan d’action national pour la mise en œuvre de la KDMECC débutera par une revue documentaire approfondie visant à fonder le processus sur les données probantes existantes, les engagements politiques et les travaux analytiques disponibles. Le/la consultant(e) examinera un large éventail de documents, notamment :
3- Finalisation de la méthodologie et élaboration des outils de consultation
i- Sur la base des résultats de la revue documentaire, le/la consultant(e), en coordination avec l’OIM, identifiera les acteurs à consulter, la structuration thématique des sessions de travail ainsi que les localités et communautés ciblées pour les consultations communautaires.
ii- Le/la consultant(e) élaborera les outils de consultation, incluant les guides de discussion pour les sessions thématiques et les consultations communautaires, l’application de l’approche participative et de l’approche genre, ainsi que la description de la méthodologie d’analyse des données collectées.
4- Conduite des sessions de travail thématiques avec les parties prenantes clés
À partir de la revue documentaire, le/la consultant(e) — avec l’appui de l’OIM — animera une série de sessions de travail thématiques afin de garantir un dialogue structuré, inclusif et intersectoriel autour des engagements de la KDMECC. Ces sessions permettront d’identifier les priorités, les voies de mise en œuvre, les responsabilités institutionnelles et les besoins en renforcement de capacités pour l’opérationnalisation de la KDMECC au niveau national. Le/la consultant(e) sera chargé(e) de documenter l’ensemble des échanges, de préparer les comptes rendus et de les partager avec l’équipe projet de l’OIM afin d’assurer la transparence et la traçabilité du processus. Ces sessions réuniront un large éventail d’acteurs essentiels à la mise en œuvre nationale de l’agenda, notamment :
5- Conduite des consultations communautaires
Afin de garantir que le Plan d’action national reflète les réalités locales et les perspectives des communautés les plus affectées par les interactions entre changement climatique et mobilité humaine, le/la consultant(e) mènera des consultations communautaires dans dix localités sélectionnées dans les sous‑régions où l’OIM met en œuvre des processus de planification communautaire : Dikhil-ville, Yoboki, Ali Sabieh-ville, Doudoub Allaleh, Arta-ville, Karta, Tadjourah-ville, Sagalou, Obock-ville et Dalay Af.
Conformément à la méthodologie établie par l’OIM, le/la consultant(e) organisera dans chaque localité des groupes de discussion avec cinq catégories socio‑économiques : jeunes, femmes, organisations de la société civile, coopératives économiques et leaders communautaires. Lorsque possible, les populations affectées par les déplacements, ainsi que les migrants en transit ou en destination, et les communautés hôtes (rurales et urbaines) seront inclus. Ces consultations permettront d’identifier les priorités locales, les vulnérabilités perçues, les stratégies d’adaptation existantes et les attentes vis‑à‑vis de l’action gouvernementale en matière de changement climatique et de mobilité.
L’intégration des contributions des comités communautaires et la représentation de groupes socio‑économiques et de genre diversifiés favoriseront l’appropriation locale et garantiront que le Plan d’action national soit sensible aux contextes et défis variés du pays. Cette dimension participative est essentielle pour garantir que les orientations politiques nationales soient pertinentes, réalisables et alignées sur les priorités de la communauté.
6- Rédaction du Plan d’action national pour la mise en œuvre de la KDMECC en République de Djibouti
Le Plan d’action national comprendra, entre autres, les sections suivantes :
7- Présentation et validation du projet de Plan d’action national lors d’un atelier de concertation
Un atelier de concertation réunira les points focaux du CNDCC et d’autres parties prenantes pertinentes, y compris des représentants des communautés, des femmes et des jeunes, afin de présenter les résultats du processus de consultation et le projet de Plan d’action national.
9- Finalisation du Plan d’action national selon les commentaires des parties prenantes
Le/la consultant(e) finalisera le Plan d’action national sur la base des résultats des consultations et des retours formulés lors de l’atelier de concertation. Le document final inclura un calendrier indicatif de mise en œuvre des actions proposées ainsi qu’une première estimation des ressources nécessaires.
i- Présentation et validation du Plan d’action national final lors d’un atelier de validation
Un atelier réunira les principales parties prenantes consultées dans le cadre du projet afin de présenter et valider le Plan d’action national pour la mise en œuvre de la KDMECC à Djibouti, et d’identifier les opportunités d’intégration de ce plan dans les politiques et stratégies pertinentes, y compris le processus d’élaboration du PNA. Au cours de l’atelier, les participants, y compris les représentants communautaires, seront formés à l’utilisation du plan d’action élaboré à des fins de mobilisation de financements pour des projets communautaires. Une participation équilibrée des représentants des femmes et des hommes sera assurée pendant l’atelier. Au cours de cet atelier, une session sera consacrée aux liens entre le PNA et le plan d’action national pour la mise en œuvre de la KDMECC en République de Djibouti. Les discussions porteront également sur les synergies avec d’autres cadres de planification en cours de révision liés au changement climatique et à la mobilité humaine, tels que la stratégie nationale de réduction des risques de catastrophe et la stratégie nationale sur le changement climatique.
V- Perspective sensible au genre
Une perspective de genre sera intégrée tout au long du processus d’élaboration du Plan d’action national pour la mise en œuvre de la KDMECC à Djibouti. Reconnaissant que le changement climatique et la mobilité humaine affectent différemment les femmes, les hommes, les filles et les garçons, le/la consultant(e) veillera à ce que la structure, le contenu et les actions proposées dans le plan reflètent ces impacts différenciés et répondent aux vulnérabilités liées au genre, en particulier celles auxquelles sont confrontées les femmes dans les communautés rurales, nomades et économiquement fragiles.
Dès le début, le/la consultant(e) appliquera une approche sensible au genre aux composantes analytiques et consultatives de la mission. Lors de la revue documentaire, une attention particulière sera accordée à la littérature et aux données mettant en évidence l’exposition différenciée aux risques climatiques, l’accès inégal aux ressources naturelles, les opportunités de moyens de subsistance différenciées, ainsi que les rôles que jouent les femmes et les filles dans la migration, le déplacement, les soins et la résilience communautaire. Lorsque des lacunes de données seront identifiées, elles seront clairement signalées, et des recommandations seront formulées pour améliorer la collecte de données ventilées par genre dans le cadre de la mise en œuvre de la KDMECC.
Les considérations de genre seront également centrales dans la cartographie et l’engagement des parties prenantes. Le/la consultant(e) identifiera et impliquera de manière proactive les organisations de femmes, les institutions spécialisées sur le genre, les femmes leaders et les représentantes de coopératives et groupes communautaires dirigés par des femmes. La méthodologie prendra en compte les obstacles courants à la participation des femmes — notamment les responsabilités de soins, les normes socioculturelles, les contraintes de temps et les difficultés de mobilité — et proposera des solutions pratiques pour garantir une participation significative des femmes aux consultations. Cela pourra inclure l’adaptation des horaires de réunion, la mise en place de canaux de communication appropriés, la création d’espaces de discussion réservés aux femmes lorsque pertinent, et la garantie que les facilitateurs soient formés à la gestion de dialogues sensibles au genre.
Dans les groupes de travail thématiques, le/la consultant(e) facilitera des discussions qui prennent explicitement en compte les rôles, besoins et capacités différenciés selon le genre en matière d’adaptation climatique, de gestion des risques de catastrophes et de mobilité humaine. Les perspectives des femmes seront recherchées non seulement en tant que bénéficiaires, mais également en tant qu’agentes de changement, décideuses et détentrices de connaissances communautaires. Le/la consultant(e) veillera à une participation équilibrée des femmes et des hommes dans toutes les activités, dans la mesure du possible, et documentera la manière dont les questions de genre influencent les priorités politiques et les voies de mise en œuvre issues de ces sessions.
Au niveau communautaire, le/la consultant(e) appliquera l’approche de planification communautaire de l’OIM de manière à saisir les expériences et vulnérabilités spécifiques au genre. Les groupes de discussion seront structurés de manière à permettre aux femmes — y compris les jeunes femmes et les femmes cheffes de ménage — d’exprimer leurs priorités et contraintes dans un environnement sûr et propice. Leurs contributions concernant les impacts de la variabilité climatique, l’accès aux services, les stratégies de subsistance, les risques de protection et les dynamiques de mobilité seront systématiquement intégrées dans la rédaction du Plan d’action.
À toutes les étapes de la mission, le/la consultant(e) veillera à ce que le genre ne soit pas traité comme un thème isolé, mais soit intégré de manière transversale dans l’ensemble du document, y compris dans l’analyse, les activités proposées, les dispositifs institutionnels, les indicateurs de suivi et les considérations budgétaires. Le Plan d’action final reflétera la manière dont l’égalité de genre et l’autonomisation des femmes contribuent à la résilience climatique, à une gouvernance durable de la mobilité et à la mise en œuvre efficace des engagements de la KDMECC à Djibouti.
VI- Livrables et calendrier provisoire
Les livrables sont détaillés ci-dessous et répartis sur une période d’environ 120 jours ouvrables consécutifs entre avril et juillet 2026.
Livrable
Échéance
Méthodologie affinée pour l’élaboration du plan d’action national, comprenant un calendrier clair et réaliste des activités et échéances, organisée autour de quatre étapes – 1) revue documentaire, 2) sessions de travail thématiques, 3) consultations communautaires et 4) élaboration et validation du plan d’action national.
J+10
Rapport de revue documentaire, résumant les informations recueillies à partir de l’analyse des politiques et documents pertinents.
J+20
Outils de consultation, incluant les questions directrices pour les sessions de travail thématiques et les consultations communautaires, l’application de l’approche participative et de l’approche genre, ainsi que la description de la méthodologie d’analyse des données collectées.
J+25
Rapport des groupes de travail techniques
J+40
Rapports des consultations communautaires
J+70
Premier jet du plan d’action national pour la KDMECC pour la mise en œuvre de la KDMECC
J+90
Deuxième jet du plan d’action national pour la mise en œuvre de la KDMECC, prenant en compte les retours et commentaires de l’OIM
J+105
Plan d’action national final pour la mise en œuvre de la KDMECC, intégrant les retours de l’atelier de concertation et de l’atelier final de validation
J+120
VII- Qualifications
Les consultant(e)s intéressé(e)s sont invité(e)s à soumettre leur manifestation d’intérêt s’ils répondent aux critères minimaux présentés ci-dessous :
Formation
Expérience dans la rédaction de rapports stratégiques, plans d’actions, feuilles de routes
Connaissances contextuelles
Expérience dans la conduite de consultation avec differentes parties prenantes
Compétences en communication et coordination :
Soumission du dossier de candidature
Les consultant(e)s intéressé(e)s qui correspondent au profil recherché sont priés de préparer et de soumettre à l’OIM un dossier de manifestation d’intérêt contenant les documents suivants :
Documents Administratifs
Proposition technique
Proposition financière
Tagged as: Agriculture, Food Security and Livelihoods
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